Inscrit le: May 01, 2003 Messages: 904 Localisation: Ariana
Posté le: Mer Sep 17, 2003 3:04 am Sujet du message: Je suis l’Azria la belle
AZRIA (pi. azriate). Anciennement, femme aurassienne de moeurs dissolues, vivant en marge de la société et pratiquant un commerce non voilé de ses charmes. Voici comment elle se présente elle-même dans ce poème des Aurès arrangé par Y. Georges Kerhuel:
Je suis l’Azria la belle
Je suis l’Azria l’infidèle
Je suis le fruit tendre
D’un arbre aux régimes serrés. […]
A tout le monde je souris,
Je hais le mariage
Et pour aucun prix
N’admets l’esclavage.
Je ne porte aucun voile
Je hais toutes les toiles. […]
Mon bonheur est fait
De beauté et de jeunesse,
Mes yeux noirs
Aux regards mystérieux
Ont le pouvoir
D’asservir mes amoureux.
Mon visage de Kahèna la reine
Est plus qu’un appât,
Ma bouche est faite de miel
Parfaitement réel,
Qui le goûte une fois
Reviendra maintes fois.
Ma poitrine parée de ses seins
Attire les plus saints regards.
Au bas de ma ceinture
Créé par la nature
Est un temple sacré
Où les fidèles viennent pécher
En amour mon coeur
Est souvent menteur.
Je suis l’Azria sans remords
Acceptant le faible comme le fort.
Je suis l’Azria sans souci.
Ma vie est faite ainsi,
Ma fierté vient de ma liberté,
Ma vie est de folle gaieté,
Du plus noble au plus laid
Mes amants sont innombrables.
Je suis 1’Azria la danseuse
Qui rend jalouse les femmes,
Je suis la chanteuse,
Je suis la berceuse,
Ma belle voix
M’ouvre toutes les voies.
(CPBA, p. 18-19.)
Encyclopédie de l’amour en islam Tome 1 Malek Chabel _________________ Si Satan existait, les religions seraient de son œuvre.
Discuter c’est comme boxer on se donne des coups et après on reste frères.
Inscrit le: Aug 26, 2003 Messages: 28 Localisation: paris
Posté le: Sam Oct 18, 2003 7:56 pm Sujet du message: Re: Je suis l’Azria la belle
ikm ecrit : AZRIA (pi. azriate). Anciennement, femme aurassienne de moeurs dissolues, vivant en marge de la société et pratiquant un commerce non voilé de ses charmes. Voici comment elle se présente elle-même dans ce poème des Aurès arrangé par Y. Georges Kerhuel
numidia repond :
je suis moi meme originaire des aures et je peux te dire contrairement a ce que dit kerhuel les azriates ne sont pas des femmes de moeurs dissolues! c'etait des femmes libres et qui etaient respectees
voici quelques extrait de livre de mathea gaudry " la femme chaouia de l'aures"
le mot azriya veut dire au sens litteral "une femme qui n'a pas de mari" en fait c'est une courtisane
presque toutes les jeunes femmes veuves, divorcees ou repudiees quelle que soit la classe sociale a laquelle elles appartiennent, si elles ne remarient pas immediatement apres la dissolution du lien conjugal, deviennent azriat, au moins durant un certain temps.les celibataires le sont plus rarement, en raison de la precocite des mariages, exception faite de celle qui n'ont point de famille et qui ont depasse l'age ordinairedu mariage sans avoir contracte d'union legitime
rapports sociaux :
l'azria habite, soit isolement, soit sous le toit paternel! elle n'est point mal vue par sa famille et s'entend particulierement bien avec sa mere, comme toutes les femmes chaouias.
bien qu'elle soit tenue aux memes obligations domestiques que les autres aurassiennes, bien qu'elle les remplisse toutes, en cas de besoin, il arrive que les travaux les plus agreables lui soient reserves. c'est ainsi qu'ont la voit tisser pendant que sa mere fait la cuisine et que ses soeurs portent les fardeaux.......
les azryat ne sont pas davantage meprisees par les autres aurassiennes et notamment par les femmes mariees; elles leur causent, et se confondent a elles pour jouer a la KOURA. quelques hommes, cependant, ceux qui ont subi l'influence arabe, defendent a leur epouses de les recevoir; parfois aussi, les femmes mariees s'en ecartent d'elles memes , par jalousie, masi ces faits sont excetionnels: l'azriya n'est pas une prostituee que l'ont relegue dans une honte, c'est une courtisane qu'on adule et qui, demain rentrera dans la vie reguliere
l'independance la plus complete appartenant aux femmes liberees du lien conjugal, l'azriya en jouit pleinement. elle recoit qui elle veut, quand elle veut parle dehors a qui bon lui semble, voyage, suit les pelerinages entre dans les cafes, ou elle fume et joue aux cartes avec les hommes, en buvant du cafe, de la tisane de galanga et une sorte de liqueur appelee lâgmi ....ect
extrait du livre de mathea gaudry " la femme chaouia de l'aures"
je peux donner d'autres extraits si ca vous interesse
Inscrit le: May 01, 2003 Messages: 904 Localisation: Ariana
Posté le: Lun Oct 20, 2003 2:36 am Sujet du message:
Merci numidia pour les informations très importantes que tu nous as communiquées. J’ai adoré le poème. Il reflète l’esprit d’une femme libérée et libre. A vrai dire, j’ai un avis moins commun sur la prostitution et plus particulièrement sur la « pute ». En fait, je fais la différence voire une grande différance entre la femme qui cherche le plaisir sexuel et la femmes qui cherche un profit quel qu’il soit derrière le sexe. J’apprécie bien la première sorte de femmes que je considère libres des tabous. Mais je n’ai rien contre la deuxième si elle est majeure et fait ce métier par choix. J’ajouterai une chose. Le mot pute, en arabe « Kahba » a un autre sens en arabe. Avant l’arrivée de l’islam qui se positionne comme le libérateur de la femme, ce mot voulait dire femme n’ayant pas besoin d’un homme pour survivre. Celle qui compte sur elle-même. La réalité de l’islam est bien toute autre. Le mot « Kahba » a pour racine le verbe « kahaba » et « kahhaba » veut dire tousser violemment. Donc « kahba » est le masculin du mot « kahb » cad celui ou celle qui toussait. On raconte que quand une femme libre d’avant l’islam avait envie d’un homme elle toussait quand il passait. Un signe... Quand l’une de ces femmes tombait enceinte, elle avait le droit de choisir le père de son enfant parmi tous les hommes qu’elle a fréquenté. Cette méthode a été interdite quand l’islam est arrivé et le sens du mot « kahba » a pris une dérive négative. Le regard de la société vis-à-vis de ces femmes a changé. C’était mal vu. Bien que l’islam a accepté cette méthode au début avec la condition de payer la femme contre ce plaisir sexuel. Il y a même un verset au Coran qui en parle mais cette pratique Omar (deuxième Calife) l’a supprimé. Ceci dit, on trouve jusqu’à aujourd’hui, chez les chiites, le mariage d’« el mouta » (plaisir, jouissance). Une sorte de prostitution à l’islamique puisque on trouve les mêmes ingrédients : plaisir sexuel, argent et durée déterminée. Tu trouveras plus de détails dans « La prostitution dans l'islam ». Enfin encore une fois merci pour ces informations très riches. À bientôt.
Bye
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