Posté le: Mer Mai 30, 2007 11:57 am Sujet du message: Thaïlande : l’insurrection islamiste aura-t-elle une fin ?
Thaïlande : l’insurrection islamiste aura-t-elle une fin ?
Par Adrian MORGAN
Le 24 mai 2007
Depuis plus de trois ans, le sud de la Thaïlande est confronté à une insurrection qui a déjà coûté la vie à plus de 2.100 personnes. Le 4 janvier 2004, une caserne de la province de Narathiwat était attaquée et quatre soldats tués. Au cours de l’attaque plus de 300 armes furent dérobées, y compris des fusils AK-47 et M-16. La même nuit, “la nuit des feux”, au moins 20 écoles furent incendiées. Cet événement marqua le point de départ de l’insurrection en cours. Auparavant, la dernière insurrection notable avait eu lieu dans les années 1980.
Les trois province du sud : Pattani, Narathiwat et Yala, ainsi que certains districts ode la province de Songkhla et la petite île de Satun sont majoritairement musulmanes. La population y est à 80% musulmane et parle le Yawi, un dialecte malais. Historiquement Pattani, Narathiwat, Yala et deux districts de Songkhla formaient un sultanat indépendant appelé Pattani.
En 1786, ce sultanat fut conquis par le Siam (Thaïlande) et, en 1902, la région fut officiellement annexée au Siam. Au départ, il s’agissait de créer une zone tampon pour contrer l’influence des Britanniques qui contrôlaient la Malaisie. En 1909, la Grande-Bretagne reconnut officiellement que ces provinces faisaient partie du territoire du Siam. L’actuelle insurrection est la dernière en date d’une longue série s’étalant sur une cinquantaine d’année mais c’est celle dont le déroulement est le plus féroce. Bien qu’il y ait eu d’horribles cas de massacres sectaires, des bouddhistes ont été décapités ou brûlés vifs, les musulmans sont aussi victimes des insurgés. Tous ceux considérés comme des "collaborateurs" du gouvernement, y compris les enseignants et les maires sont des cibles potentielles.
Le but de certains des plus important groupes d’insurgés du sud est la sécession d’avec la Thaïlande. D’autres, comme les cinq groupes formant la coalition du Barisan Bersatu Kemerdekaan Pattani(1) prétendent ne vouloir obtenir qu’un meilleur traitement pour les musulmans du sud. Il est vrai que par le passé l’armée thaïlandaise s’est souvent montrée plus que zélée(2) dans le maintien de l’ordre dans le sud.
Sous le précédent gouvernement du Thai Rak Party mené par Thaksin Shinawatra (photo) deux évènements suscitèrent une grande animosité. Le premier eut lieu le 12 Mai 2004. L’avocat musulman Somchai Neelapaijit, qui défendait les gens arêtes depuis le début de l’insurrection fut enlevé sur un parking à Bangkok. Des témoins le virent se faire pousser dans une voiture par des policiers. On ne l’a plus jamais revu depuis.
Le 12 Janvier 2006(3), un officier supérieur de la police, le major Nguen Thongsuk, a été jugé coupable de la détention illégale de Somchai. Il a été condamné à trois ans de prison. Quatre autres policiers ont été acquittés. Le lendemain de la condamnation de Thongsuk, Thanksin Shinawatra, alors Vice-premier ministre, fit une curieuse déclaration(4) : "Je sais que Somchai est mort et qu’au moins quatre hauts fonctionnaires sont impliqués mais les témoins et les preuves sont toujours en cours d’investigation ».
L’autre évènement ayant suscité l’amertume de la population musulmane est le massacre de Tak Bai le 25 octobre 2004. Une manifestation organisée par des fermiers et des villageois avait eu lieu à Tak Bai, province de Narathiwat. Les manifestants demandaient la libération de six volontaire de la milice de défense du village qui avaient été arrêtés dans le cadre d’un vol d’armes. La police avait ouvert le feux sur les protestataires, tuant sept personnes. Les manifestants furent forcés de se coucher face contre terre, torse nu, puis furent entassés dans des camions. Dans certains camions, il y avait des couches de quatre personnes empilées les unes sur les autres. Tous étaient face contre terre, les mains attachées derrière le dos. Les camions prirent ensuite le chemin du camp d’Ingkhayuthaboriharn dans la province de Pattani. Dans la chaleur étouffante, au moins 78 personnes périrent suffoquées. Dans le mois 30 Bouddhistes furent assassinés(5)dans des attaques de représailles.
Le 19 septembre 2006(6), après des mois de protestations à l’échelle nationale contre la politique du gouvernement de Shinawatra, l’armée exécuta un coup d’état en douceur pendant que le Premier ministre participait à un session de l’ONU à New York. Le chef de la junte était un musulman, le général Sonthi Boonyaratkalin, qui commandait la Quatrième Armée dans le sud. On présumait qu’il comprendrait l’insurrection. Le 1ier octobre il mit en place un gouvernement de salut public, mené par le "Premier ministre" Surayud Chulanont, avec un ministre de l’intérieur musulman, Aree Wong-araya. Le nouveau gouvernement promit d’adopter une approche plus conciliante envers le sud, offrant même, un moment, aux musulmans de les laisser se gouverner sous les lois de la charia(7). Sept mois plus tard, et bien que le Premier ministre Chulanont prône toujours la politique de conciliation(, c’est l’échec.
Les chiffres cités, cette semaine, par le Bangkok Post du 17 mai révèlent que si, en comparaison de l’année passée, le nombre d’attaques violentes a légèrement diminué, leur cruauté s’est par contre accrue. Entre le 1ier janvier et le 15 mai de cette année, il y a eu 1.170 incidents contre 2.061 pour la même période en 2006. La moitié des attaques de cette année impliquaient des fusillades, un quart des attentats à la bombe et, dans 15% des cas, des incendies volontaires.
Avant le putsch de l’an passé, les cas de décapitation avaient diminué. De novembre 2005(9) à mars 2006 il y a eu 7 décapitations. Après qu’un récolteur de caoutchouc musulman nommé Abdulaziz Japakiya ait été décapité le 7 mars 2006(10), on n’a plus reporté d’incidents de ce genre jusqu’au 12 octobre(11). Ce jour-là, dans la province de Pattani, un travailleur immigré birman de 45 ans a été attaqué alors qu’il roulait sur sa motocyclette avec sa fille. On a bandé les yeux de la fillette pendant que Yao, son père, était abattu puis décapité. La tête à été déposée 20 Km plus loin dans leur village, préalablement piégée avec une bombe. M. Yao était la vingtième personne à se faire décapiter depuis le début de l’insurrection. Le dimanche 19 novembre(12), un bouddhiste était abattu à Yala. Ses assassins ont tenté de lui couper la tête mais l’ont finalement laissée plus ou moins attachée.
Depuis le putsch, les décapitations, démonstrations faciles de haine, sont en augmentation. Le dimanche 11 mars(13) six travailleurs de la construction birmans étaient abattus à Nong Chick, province de Pattani. L’un d’entre eux a été décapité, c’était la 26ième personne martyrisée de la sorte depuis janvier 2004. Un message laissé sur le corps de cet homme disait : "Tuez les innocents et nous tuerons les bouddhistes Thaïs."
Le lundi 14 mai, dans la province de Yala un couple de bouddhistes récoltait des fruits en compagnie de leur fillette de trois ans. Les deux adultes ont été abattus et la petite fille blessée. La tête de Prapham Ponlarak, 36 ans, a été coupée sous les yeux de son enfant. C’était la 29ième personne décapitée depuis le début de l’insurrection.
Les officiels Thaïs affirment que les insurgés sont motives par des facteurs locaux, suggérant qu’il y a peu d’influences extérieures sur eux. Certain faits l’infirment. Le groupe Jemaah Islamiyah (JI)(14) veut créer un "super état" islamique en Asie du sud-est. Ce groupe est connu pour ses liens avec Al Qaïda et d’autres groupes terroristes islamistes comme Abu Sayyaf et Darul Islam. La JI a été fondée en Malaisie vers 1995 par deux théologiens indonésiens, Abdullah Sungkar (mort en 1999) et Abu Bakar Bashir. Ces deux hommes ont fondé à Jolo l’école coranique Ngruki ou Al Mukmin(15), a environ 300 Km à l’est de Jakarta, Indonésie. Selon le Dr Sidney Jones du International Crisis Group, expert qui connaît bien la JI, au moins 30 terroristes avérés ou soupçonnés de l’être ont un diplôme de cette école.
L’un des chefs de la JI était Hambali (photo), aussi connu sous le nom de Riduan Isamuddin. Il a été capturé en Thaïlande le 11 août 2003 à Ayutthaya, au nord de bangkok. Hambali dirigeait le camp d’entraînement terroriste Hudaybiyah aux Philippines. Il est supecté d’être impliqué dans « l’opération Bojinka”(16), un complot visant à faire sauter d’un coup 11 avions de ligne US en Asie du sud-est. Il a été transféré à Guantanamo en septembre 2006(17).
Hambali est soupçonné d’avoir planifié les attentats de Bali du 12 octobre 2002 au cours desquels 202 personnes périrent. Au cours des interrogatoires(1 il a déclaré que pendant qu’il préparait ces attentats, il a séjourné pendant trois jours dans le sud de la Thaïlande en compagnie du théologien extrémiste Ismail Lutfi. Ce religieux dirige le Collège Islamique Yala Islamic qui enseigne le wahhabisme saoudien. Lutfi a fait ses études à la Muhammad bin Saud Islamic University de Riyadh, Arabie Saoudite. Cette institution a formé des extrémistes tells que Abdullah el-Faisal(19), actuellement sous les verrous en Grande-Bretagne pour incitation au meurtre. Lutfi à nié avoir rencontré Hambali.
Parmi les clients de Somchai Neelapaijit, l’avocat enlevé à Bangkok en mars 2004, figuraient des membres de la Jemaah Islamiyah accusés de préparer des attentats à la bombe en Thaïlande. Ces deux personnes ont finalement été acquittées en juillet 2005.
Le chef du Barisan Bersatu Kemerdekaan Pattani (Bersatu), une coalition de cinq groupes insurgés, est Wan Kadir Che Wan. Son groupe fait partie des insurgés qui ont participés aux négociations avec le gouvernement thaïlandais nommé après le coup d’état, négociations engagées via la Perdana Global Peace Foundation de l’ancien Premier ministre malaisien Mahatir Mohammed(20). Le 21 novembre(21) de l’année passée, Wan Kadir Che Wan a déclaré que la jeune génération des insurgés est sous l’influence de la Jemaah Islamiyah. Il a dit : "Je pense que c’est le cas de beaucoup de groupes mais peut-être ne sont-ils pas directement impliqués."
Dès le début de l’insurrection, Thaksin Shinawatra alors Premier ministre avait ordonné que l’on surveille les activités des écoles coraniques(22) (appelées pondok) du sud de la Thaïlande. Il y a plus de 300 écoles de ce genre dans les provinces du sud. L’une de ces institutions, l’école Thamma Wittaya de Yala city, province de Yala, est très impliquée dans les violences. Six de ses professeurs ont été tués au cours des combats. Elle a été fondée par Sapaeing Bazo, chef du groupe insurgé Barisan Revolusi Nasional Coordinate.
En mars 2006(23), 19 enseignants de la Thamma Wittaya ont été arrêtés après avoir organise un meeting sur l’île de Satun. Ils par la suite ont été relâchés(24) sans être inculpés. On pense que Sapaeing Bazo se cache de l’autre côté de frontière en Malaisie. Une prime de 10 millions de bahts thaïs ($256.227) est offerte pour sa capture.
Un autre membre clef du Barisan Revolusi Nasional Coordinate, qui a été formé en Afghanistan, est connu sous le nom de Masae Useng. On pense que c’est Useng qui a ordonné la campagne de trois jours d’attentats à la bombe dans le sud connue sous le nom de "Journée Nationale de Pattani" qui avait débuté le 15 juin(25). Le 13 juillet(26), un mois après ces attentats, le ministre malaisien de la Défense, Najib Tun Razak, a rencontré Thaksin Shinawatra. Najib a déclaré que les tentatives d’arrestation de Masae Useng avaient échoué et que l’on présumait qu’il était désormais au Moyen Orient. Le Premier Ministre Thaï a déclaré après ces discussions que 4 ou cinq autres insurgés de premier plan se cachaient probablement au Moyen Orient. Aucun pays n’a été cité.
Une autre école pondok liée à l’extrémisme est le Hutae Tua(27) pondok de Narathiwat. Cette école est dirigée par un vétéran de l’Afghanistan, Muhammad Haji Jaeming (Abdul Fatah). Il est le fondateur d’un groupe séparatiste nommé Jemaah Salafi ou Jemaah Salafiya.
La présence du Wahhabisme en Thaïlande du sud est encore faible, mais il semble que cette idéologie joue un rôle dans la radicalisation des jeunes gens qui rejoignent l’insurrection. La question du financement des insurgés n’est pas très claire mais il apparaît qu’ils trouvent un soutien logistique et financier auprès de sources non gouvernementales en Malaisie. Le 21 novembre 2006, le Premier ministre Surayud Chulanont a déclaré que la principale source de financement des insurgés provenait d’une chaîne de restaurants thaïs active en Malaisie et spécialisée dans la vente de soupe piquante thaï aux crevettes. Ces affirmations ont été démenties(2 par Fu Ah Kiow, le Ministre Malaisien de la Sécurité qui les a qualifiées de "non fondées".
L’un des groupes impliqués dans les activités des insurgés est le Gerakan Mujahideen Islam Pattani(29) ou GMIP. Cette organisation est liée avec un petit groupe extrémiste malais, le Kumpulan Mujahideen Malaysia(30), qui veut établir un état islamiste en Asie du sud-est. Le GMIP a été fondé en 1986. De 1999 à 2000, le GMIP a été approché(31) par la Jemaah Islamiyah. La JI voulait que le GMIP se joigne à une coalition de groupes islamistes connue sous le nom de Rabibat-ul-Mujahidin. Le GMIP est considéré comme une organisation criminelle mais on ignore s’il a accepté l’offre de la JI.
Bien qu’elle ne soit pas directement impliquée dans le terrorisme, l’Arabie Saoudite à indubitablement financé les institutions musulmanes du sud de la Thaïlande et y a propagé son interprétation littérale et rigide de l’Islam. Ismail Lutfi du Collège Islamique de Yala, celui que Hambali prétend connaître, est un membre du conseil de la Muslim World League. Cela lui a permis d’obtenir des financements saoudiens pour son collège. Un autre groupe financé(32) par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe, la Pusaka foundation, se consacre officiellement à l’enseignement. Cependant, il est accusé d’entretenir des liens avec les insurgés thaïs. Najmuddin Umar(33), ancien membre du parti Thai Rak Thai de Thaksin Shinawatra's, est un politicien lié au Pusaka.
Umar a été soupçonné d’être impliqué dans l’attaque du 4 janvier contre une caserne qui déclencha l’insurrection. Il a été inculpé de dix chefs d’accusations(34) dont : trahison, activités séparatistes, incendie criminel, vol et meurtre de fonctionnaires gouvernementaux. Son procès a débuté en octobre 2004, mais en décembre 2005(35), il a été acquitté faute de preuves suffisantes.
Il y a des liens historiques entre l’Arabie Saoudite et les groupes islamistes Thaïs qui entretiennent l’insurrection de puis le 4 janvier 2004. L’actuelle insurrection à pour l’instant coûté la vie à 2.100 personnes. Selon un rapport de mai 2005 du International Crisis Group(36) (ICG), en 1946, dans la province de Narathiwat, il y avait eu des émeutes liées à la décision de la Thaïlande, en 1945, de mettre fin à son occupation de certains des sultanats du sud qu’elle contrôlait. Ces sultanats - Kelantan, Terengganu, Kedah et Perlis furent autorisé à rejoindre la Malaisie. Par contre, l’ancien sultanat de Pattani qui comprenait les actuelles provinces Thaïes de Yala, Pattani, Narathiwat et deux districts de la province de Songkhla, annexé en 1902 par la Thaïlande ne put pas rejoindre la Malaisie.
Plusieurs chefs musulmans qui avaient milités pour le rattachement de Pattani à la Malaisie britannique quittèrent alors la Thaïlande. Certains se contentèrent de passer la frontière malaise mais d’autres s’installèrent en Arabie Saoudite. Ces personnes allaient financer ceux qui voulaient que l’ancien sultanat de Pattani fasse sécession de la Thaïlande. Au début de 1947, le Pattani People's Movement (PPM) fut fondé par Haji Sulong, un homme qui avait été formé à La Mecque. Le PPM voulait l’autonomie et la charia dans le sud de la Thaïlande. Ce groupe fut l’ancêtre de plusieurs des groupes séparatistes qui apparurent par la suite, la plupart d’entre eux se sont par la suite impliqués dans les insurrections qui endeuillent depuis des années la Thaïlande.
En 1968, un groupe nommé PULO, Pattani United Liberation Organization, fut fondé par Kabir Abdul Rahman, alias Tengku Bira Kotantila, un ouléma malais qui vit maintenant(37) en Syrie. Ce groupe à des bureaux au Soudan et aussi à La Mecque. Au cours des années 70 et 80, le PULO fut le groupe le plus actif parmi les insurgés de Thaïlande.
Durant tout ce temps, les activités du PULO en Arabie Saoudite causèrent bien du souci aux autorités. Selon l’ICG, les activistes du PULO distribuaient aux travailleurs immigrés Thaïs des tracts clamant qu’ils étaient des "citoyens de la république de Pattani". Ils obligeaient également ces gens à payer un impôt révolutionnaire. En 1984, la succursale du PULO à La Mecque fut fermée. Plusieurs chefs du groupe furent arêtes et expulsés. Le PULO se scinda en deux factions, l’une orientée vers la lutte armée, l’autre plus politique. Après l’échec de la dernière grande insurrection dans le sud de la Thaïlande à la fin des années 80, de nombreux chefs du PULO se réfugièrent en Suède où ils se présentèrent comme les porte-parole de la population du sud. Leur site web(3 prétend pour l’instant que le groupe privilégie le dialogue à la lutte armée pour résoudre le conflit en cours.
Le 31 août 1989(39), le PULO s’est associé avec d’autre groupes séparatistes groups – y compris le Barisan Revolusi Nasional Melayu Pattani (BRN), le Barisan National Pember-Basan (BNPP, fondé en 1959) et le Mujahadeen Pattani. Depuis 1991, cette coalition a pris le nom de Barisan Bersatu Kemerdekaan Pattani (Bersatu). Depuis octobre(40) dernier, le Bersatu participe à des pourparlers de paix sur l’île de Langkawi en Malaisie.
Les groupes composant la coalition du Bersatu étaient particulièrement actifs dans les attaques des années 70 et 80. Les attentats continuèrent pendant les années 90(41) et de temps en temps des membres du Bersatu commettaient des actes terroristes pour leur propre compte. Le jeudi 31 août 2006(42), à l’occasion l’anniversaire(43) de la fondation du Bersatu, 22 des 92 banques de la province de Yala furent plastiquées (photo) – faisant un mort et 24 blessés.
Les deux groupes les plus impliqués dans les violences, sont le Barisan Revolusi Nasional (BRN) et le Runda Kumpulan Kecil (RKK) une dissidence du BRN. La section jeunesse du BRN, appelée Permuda ou Pemuda ("jeune " en malais) compte presque 600 membres. Elle est moins impliquée dans le trafic d’armes ou les attentats mais fournit le support logistique au insurgés et mène des activités de renseignements en vue d’étudier les cibles potentielles. Certaines des armes volées au cours de l’attaque de la caserne de Narathiwat au début de l’insurrection ont d’ailleurs été retrouvées(44) en possession de membre du RKK.
Le RKK s’en prend aux villageois bouddhistes de la province de Yala. En novembre de l’année passée(45), dans cette province, les bouddhistes de deux villages des districts de Than To et Bannag Sata se sont sentis si menacés par les menaces et les tirs du RKK qu’ils ont été contraints de se réfugier dans l’enceinte du temple Wat Nirotsankharam du district de Muang, Yala.
Identifier les groupes derrière l’actuelle insurrection est difficile, même pour l’actuel gouvernement mis en place après le putsch mené par le Général Sonthi Boonyaratglin (photo) le 19 septembre 2006. Il y a tellement de faction qu’il en devient futile de négocier si seuls quelques-uns uns des insurgés participent aux pourparlers. L’actuel gouvernement s’est engage à suivre les recommandations de la National Reconciliation Commission (NRC)(46). La NRC, composée de 48 délégués, a été crée en mars 2005 en vue de fournir des pistes pour la paix. Le 5 juin 2006, la NRC a émis une série de recommandations dont notamment l’engagement d’établir la charia et faire du Yawi, le dialecte malais local, la langue officielle de la région.
Le cabinet privé du Roi de Thailande, Bhumibol Adulyadej, a critiqué(47) ce volet linguistique. Dans le sud, les écoles sont souvent attaquées parce qu’elles sont considérées comme des symboles de l’état Thaï et que les cours y sont dispenses en langue Thaïe. Les enseignants ne sont pourtant pas les seuls à être considérés comme des représentants de l’état : les pompiers, les employés du téléphone, de l’eau et de l’électricité sont aussi visés.
Le 4 janvier 2004, le jour où l’insurrection a commence, 20écoles ont été incendiées. Outre 300 écoles coraniques, les trois provinces du sud comptent (selon les chiffres de mai 2006) 861 écoles publiques, accueillant 291.300 étudiants à qui 11.260 enseignants donnent cour. De nombreuses écoles ont été incendiées, alors même que le gouvernement de Thaksin Shinawatra utilisait certaines écoles comme centres d’aides d’urgence fournissant une assistance financière aux familles dont des membres avaient étés tués au cours de l’insurrection. Les incendies volontaires d’écoles n’ont pas cessé depuis. La semaine passée, des hélicoptères ont largué sur le sud des tracts appelant les habitants à informer les autorités s’ils entendent parler de complots en vue d’incendier des écoles.
Plus de 70 enseignants ont été assassinés et bien davantage blessés depuis le début de l’insurrection. Depuis un spectaculaire incident l’an passé, les enseignants sont régulièrement escortés par la police ou des patrouilles de l’armée jusqu’à leur lieux de travail. Ces patrouilles sont la cible d’attaques à la bombe et d’embuscades.
L’incident ayant attiré l’attention de la nation sur le calvaire des enseignants du sud a eu lieu le 19 mai 2006(4 à l’école du village de Gujinruepo dans le district de Narathiwat's Rangae. Deux enseignantes bouddhistes y ont été prises en otage et cruellement brutalisées. Les enseignantes n’y ont pas été attaquées par des insurgés en arme mais par une foule de simples villageois dont beaucoup de femmes
Les faits ont eu lieu après que Mohammed Sapaeing Buari, un villageois, ait été arrêté pour avoir, un mois plus tôt, tiré sur des soldats à la gare de la localité. Son épouse, Karima Masaleh, 24 ans, a tenté d’obtenir la libération de son mari et d’un autre insurgé du village, Abdulgareem Matae, en prenant des enseignants en otage. Une foule de villageois a investi l’école et a exigé qu’on lui dénonce les enseignants bouddhistes. La populace ayant appris que Juling Pongkanmul, 26 ans, et Sirinat Thavornsuk, 30 ans étaient Bouddhistes, mademoiselle Juling fut traînée hors de sa classe tandis que Madame Sirinat était découverte dans un salon de thé voisin.
Les deux femmes furent alors emmenées(49) au centre de soins pédiatriques du village de Gujinruepo, où elles furent tabassées à coups de poings et de gourdins pendant plus d’une heure. Les villageois avaient abattu des troncs sur les routes donnant accès au village pour empêcher les forces de sécurité de porter secours aux malheureuses. Quand on put enfin persuader la populace de libérer ses victimes, les deux jeunes femmes étaient dans un état très grave. Mademoiselle Juling était dans le coma. Sa compagne d’infortune a pu se remettre de ses blessures mais mademoiselle Juling, qui n’enseignait dans cette école que depuis quelques semaines, n’est jamais sortie du coma. Elle est morte le 8 janvier(50) de cette année.
Ce genre d’émeutes organisées n’est pas rare et indique la force du ressentiment envers les autorités Thaïes. Le 21 septembre 2005(51), dans un autre village du district de Rangae, deux marines Thaïs ont été séquestrés et pris en otage par les villageois. 2000 personnes ont participé à ce coup et des centaines de femmes bloquaient les routes, empêchant les négociateurs de contacter les otages. Pendant ce temps, les deux hommes qui étaient fortement suspectés par les villageois d’avoir participé à un précédent échange de tir étaient battus à mort.
Ce genre d’émeutes, souvent menées par des femmes, a continue à survenir sous l’actuel gouvernement. Cette tactique est souvent payante car ni l’armée ni la police ne souhaitent recevoir de publicité négative en employant la force contre de "faibles" femmes qui emmènent souvent leurs enfants avec elles lors de ces émeutes.
Il serait simpliste d’énoncer que les insurgés sont manipulés par des éléments externes comme le groupe terroriste pan-asiatique Jemaah Islamiyah ou des agitateurs venant de l’état du Kelantan de l’autre côté de la frontière, en Malaisie. Beaucoup dans les communautés musulmanes ne veulent pas être "Thaïs". Cependant, les insurgés reçoivent une assistance de l’étranger. Le 19 novembre, le Bangkok Post citait une source selon laquelle pendant le dernier Ramadan, 6.000.000 de bahts ($163.908) ont été donnés aux insurgés par des musulmans vivant à l’étranger. Les donateurs venaient d’Egypte, de Libye, de Suède, d’Indonésie et de Malaisie.
Les tentatives de l’actuel gouvernement en vue d’apaiser la region ont été aussi vaines que celle du gouvernement de Thaksin Shinawatra. Le précédent gouvernement avait fait passer un "décret d’urgence", renouvelable tous les trois mois, pour faire face à l’insurrection. Il donnait aux autorités des pouvoirs étendus en matière d’arrestation et de détention. Le gouvernement d’après le putsch à été obligé de continuer à renouveler ces pouvoirs exceptionnels en dépit de leur impopularité au sein de la population locale.
Le 30 avril(52) de cette année, le secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique (OIC) a effectué une visite officielle de deux jours en Thaïlande. Le professeur Ekmeleddin Ihsanoglu (photo) a rencontré le Roi, des membres du gouvernement, ainsi que le général Sonthi Boonyaratglin, auteur du coup d’état de l’an passé et l’ancien Premier ministre Anand Panyarachun, qui était président de la NRC.
Le jour même où Ihsanoglu arrivait, un récolteur de caoutchouc bouddhiste de 35 ans était abattu(53) par les insurgés à Yala. Au cours de cette attaque, quatre autres personnes étaient blessées, y compris les deux enfants de ce bouddhiste.
Ihsanoglu a critiqué la violence qui a endeuillé le sud ces trois dernières années. Un confédération représentant 200 organisations musulmanes, le Concil of Muslim Organisations in Thailand (CMOT), a pressé(54) l’OIC de prendre part à la stabilisation de la région. Niti Hassan, le président du CMOT, a suggéré que l’instauration d’une administration autonome pour le sud (similaire à la région autonome musulmane de Mindanao aux Philippines) constituait une solution acceptable pour débloquer la situation. Le dirigeant du CMOT a proposé qu’un plan de paix s’étalant sur six ans soit parrainé par l’OIC qui représente 57 pays musulmans. Hassan a aussi déclaré que le Yawi, la langue parlée par la majorité des musulmans du sud, devrait devenir la langue officielle de la région.
A la suite de la visite de l’OIC, le général Sonthi Boonyaratglin a déclaré que les séparatistes du sud étaient en train de changer de tactique. Il a dit : "L’autre côté recourt à de nouvelles tactiques après leurs attaques au hasard visant tant les bouddhistes que les musulmans. A la suite de la visite du chef de l’OIC, qui a critiqué la violence ternissant leur image, ils changent."
Les déclarations du général reflètent davantage ses propres vœux qu’une évaluation objective des évènements. Les attaques sectaires contre les bouddhistes ont continué et les militants ont recommencé leurs attaques contre le personnel militaire.
La semaine passée, le Premier ministre de l’actuel gouvernement, Surayud Chulanont, a effectué une tournée dans le sud, la dernière en date d’une longue série. Chulanont a derrière lui une carrière de 40 années dans l’armée thaïlandaise et était considéré comme l’homme de la situation(55) pour la nation quand il fut fait Premier ministre. Récemment, il y a eu des appels à sa démission, tant dans le sud que dans le reste de la Thaïlande, car on considère qu’il a échoué(56).
Il peut y avoir des solutions pour diminuer la violence. Accorder une semi-autonomie aux provinces sudistes est une option. Le sort des bouddhistes, qui constituent 20% de la population dans le sud, sous une administration musulmane est un mystère. Faire du Yawi la langue officielle de la région est une autre option même si cela reviendrait à tacitement admettre que les provinces de Pattani, Narathiwat et Yala sont distinctes du reste de la Thaïlande. Même si un accord de paix pouvait être conclu à la satisfaction des populations locales, des groupes comme le Runda Kampulan Kecil n’y participeraient pas. Le RKK veut que les provinces du sud ne soient plus du tout sous contrôle thaïlandais.
Le 9 mai(57), une semaine après le départ de la délégation de l’OIC, une bombe a tué sept soldats dans le district Rangae de Narathiwat. Le lieux de l’attaque se situait à proximité d’un point ou l’armée avait surpris un groupe de membres du RKK le 2 mars, tuant cinq militants. L’attentat à la bombe du 9 mai contre la patrouille est considéré par les enquêteurs comme un acte de représailles mené par le RKK. Le principal suspect(5 de cet attentat est Wae-aleecopter Waji, un chef du RKK qui a organisé une vingtaine d’attentats à la bombe dans le district de Rangae.
On estime à 3.000(59) le nombre de militants actifs dans le sud de la Thaïlande, actifs dans de petites unités dispersées dans 500 villages.
Le RKK, une dissidence du Barisan Revolusi Nasional, est dirigé par Rorhing Ahsong, alias Ustaz Rorhing. Selon le MIPT Terrorism(60), le RKK a officiellement été identifié comme un groupe terroriste par les autorités thaïlandaises depuis fin 2005. Il compte 500 membres. Le KK ne se distingue guère du BRN, mais, très significativement compte des combattants qui ont été entraînés(61) à Bandung en Indonésie.
Tandis que les attentats multiples du «jour de Pattani », avaient lieu dans le sud de la Thaïlande, le 15 juin 2006(62) un indonésien était arrêté à Bongoh, district de Rangae, province de Narathiwat. Cet homme de 34 ans né à Sumatra nommé Sabri bin Emaeruding(63) fut trouvé en possession de materiel destine à la fabrication de Bombe. Cet homme qui se fait aussi appeler(64) Sabri Amiruddin ou Zablee Hamaeruding avait de l’engrais chimique, des pointes et des clous.
On soupçonne(65) cet homme d’être le suspect identifié fin 2005 par la police sous le nom de Mudeh, un indonésien chef d’un groupe appélé South Warriors of Valaya. Ce groupe récemment formé a des connections en Malaisie, à Singapour, en Afghanistan et en Indonésie. Sapaeing Bazo, chef du Barisan Revolusi Nasional et fondateur de l’école coranique Thamma Wittaya à Yala, était considéré(66) comme un émissaire de Mudeh.
En novembre 2005(67), le général Sonthi Boonyaratglin, alors chef de la quatrième armée stationnée dans le sud de la Thaïlande, a suggéré le premier que certains des insurgés étaient liés à l’Indonésie. Ceci à la suite des interrogatoires de 17 individus qui ont avoué faire partie d’un groupe de 300 musulmans thaïs ayant suivis un entraînement en Indonésie.
L’association d’insurgés thaïs avec des indonésiens suggère, mais ne prouve pas, que certains des militants du sud pourraient être activement impliqués dans les activités terroristes de groupes comme la Jemaah Islamiyah qui est liée à Al Qaeda et comprend de nombreux activistes indonésiens.
Ce mois-ci, à la suite de nouvelles décapitations de bouddhistes, le porte-parole de l’armée thaïlandaise, le colonel Akara Thiprote a déclaré(6 que des étrangers entraînent les militants. Il a affirmé que leur accent et leurs vêtement suggéraient qu’ils sont indonésiens. Il a dit : "Les instructeurs des insurgés sont de la région mais ce ne sont pas des Thaïs. Des Thaïs n’enseigneraient jamais des crimes si cruels." Il a suggéré que les décapitations étaient influencées par les vidéos djihadistes.
Il y a peut-être des solutions politiques à la crise du sud de la Thaïlande mais tant que des fonds en provenance du Moyen Orient parviendront aux insurgés et que des membres de groupes djihadistes qui rêvent de créer un super état islamique pan-asiatique les entraîneront, ce genre de solution restera un vœu pieu. Ceux qui souffriront le plus de l’influence des acteurs étrangers, ce seront, comme toujours, des familles innocentes prises dans un tir croisé idéologique.
Posté le: Sam Oct 25, 2008 5:40 pm Sujet du message:
La Thaïlande, un pays du sud-est asiatique, est bouddhiste à 95%. Environ 2,8 millions de Thaïlandais, soit 4,6% de la population totale de 63 millions, sont musulmans. Les musulmans sont fortement concentrés dans trois provinces de l’extrême sud où ils représentent environ 80% de la population : Pattani, Narathiwat et Yala.
Depuis 2001, près de 3000 Thaïlandais ont été tués dans l’insurrection islamiste qui sévit dans le sud. En comparaison, environ 1000 Israéliens sont morts depuis le début de la deuxième Intifada en 2000. Pourtant, le djihad thaïlandais est largement ignoré par les médias, et peu d’Occidentaux en sont conscients en dehors d’un petit créneau de lecteurs de blogs.
Les attaques djihadistes ont commencé sérieusement en 2001, mettant l’accent sur les symboles de l’autorité du gouvernement, comme la police et les installations militaires, et même les écoles. À la fin de l’année, 19 policiers avaient été tués dans 50 incidents liés à l’insurrection. Le gouvernement a machinalement blâmé les rivalités criminelles, commerciales ou claniques dans la région pour ces attaques.
Au début de 2002, le Premier ministre Thaksin Shinawatra a déclaré : « Il n’y a pas de séparatisme, pas de terroristes idéologiques, juste des criminels de droit commun ». En juillet 2002, après que 14 policiers aient été tués en sept mois, Thaksin a publiquement nié le rôle de la religion dans les attentats et a été cité comme disant qu’il « ne pense pas que la religion est la cause des problèmes là-bas, puisque plusieurs des policiers tués étaient musulmans ». Le ministre de l’Intérieur thaïlandais a suggéré que les attaques étaient une réaction contre une récente vague de répression des drogues par la police.
Le réflexe de nombreux occidentaux a été d’expliquer les troubles par la marginalisation économique, mais l’économie de l’extrême Sud s’est nettement améliorée au cours des dernières années. Entre 1983 et 2003, le revenu moyen par habitant de la province de Pattani a augmenté de plus de 500%. De 2002 à 2004, le revenu des ménages s’est accru de 20% dans les trois provinces du sud, par rapport à 9,4% d’augmentation pour la Thaïlande dans son ensemble. Entre 2000 et 2004, le taux de pauvreté dans la province de Narathiwat est passé de 40% à 18%.
Les musulmans ne souffrent pas non d’exclusion politique. À la fin des années 1990, des musulmans étaient titulaires de postes de responsabilité dans la politique thaïlandaise, tels que Wan Muhammad Nor Matha, qui a servi comme Président du Parlement et ministre de l’Intérieur sous le gouvernement du Premier Ministre Thaksin. Le gouvernement comprenait 14 députés et plusieurs sénateurs musulmans lorsque la violence a éclaté en 2001. De plus, les musulmans dominaient les gouvernements locaux dans les trois provinces à majorité musulmane, et ils étaient en mesure d’exprimer ouvertement leurs revendications politiques.
Et pourtant, la violence s’est intensifiée. En 2002, 75 attaques liées à l’insurrection ont fait 50 morts parmi les policiers et le personnel militaire. En 2003, les autorités ont rapporté 119 incidents. De janvier à mars 2004, plus de 600 personnes ont été tuées dans une nouvelle vague de fusillades et d’attentats à la bombe.
L’aggravation de l’insurrection et son niveau de sophistication ont finalement forcé le gouvernement à reconnaître qu’il ne s’agissait pas de simples bandits. Les citoyens bouddhistes ont exigé des actions, et l’armée a imposé la loi martiale dans les provinces insurgées. En dépit de cette nouvelle mesure, Thaksin n’était pas prêt à renoncer à l’apaisement. Il a mobilisé la nation pour faire cent millions d’oiseaux de papier comme offrande de paix. En décembre 2004, 50 avions de l’armée thaïlandaise ont tapissé le Sud avec ce qui est devenu connu comme un « bombardement de paix ». Les djihadistes n’ont pas été impressionnés. Quelques heures plus tard, des militants ont abattu un procureur dans la province de Pattani. Le lendemain matin, quatre soldats thaïlandais ont été victimes d’attaques à la bombe dans une aire de repos et un fonctionnaire local a été gravement blessé par une voiture piégée.
En mars 2005, l’ancien Premier ministre Anand a été nommé président de la Commission de réconciliation nationale, chargée de ramener la paix au Sud. Un critique féroce de la répression du gouvernement, il avait notamment déploré l’instauration de la loi martiale. Il a présenté ses recommandations finales en 2006, qui comprenaient l’engagement d’instaurer la charia, le déploiement d’une force de maintien de la paix non armée, et l’établissement d’un Peaceful Strategic Administrative Center pour les provinces du Sud, une agence qui semble à peu près aussi utile que l’ONU.
Toujours en 2005, le Général Sonthi, un musulman, a été nommé chef de l’armée thaïlandaise. En août 2006, à la suite d’attentats à la bombe simultanés contre 22 banques dans la province de Yala, le général Sonthi a rompu avec la politique du gouvernement et insisté sur des négociations avec les djihadistes. Sonthi lui-même a admis qu’il n’était pas sûr avec qui il fallait négocier, car les djihadistes demeuraient une nébuleuse sans chef apparent. Pourtant, le 22 septembre 2006, lui et un groupe d’officiers mécontents ont mené un coup d’État et déposé le Premier ministre Thaksin.
En novembre 2006, le nouveau Premier ministre fait par le coup d’État a présenté des excuses publiques aux musulmans du sud. Il a adopté un ton plus conciliant et engagé le gouvernement à améliorer les conditions socio-économiques et la qualité de l’enseignement dans le sud. La réaction à ces excuses a été une augmentation spectaculaire des assassinats, des attentats à la bombe et des incendies criminels. Le nombre mensuel de décès a augmenté de 30% dans les 5 mois après le coup d’État par rapport aux 5 mois antérieurs au coup.
Il serait difficile de trouver une société plus étrangère à l’Occident que la Thaïlande bouddhiste, mais le gouvernement thaïlandais et la population ont connu une progression de réactions étrangement similaire dans la lutte contre la violence islamiste :
DÉNI
THAILANDE : Leur première réaction en 2001 a été le déni. Ils ont nié toute dimension religieuse de la violence et cité l’oppression économique et politique comme étant la cause profonde.
L’OCCIDENT : Au cours des émeutes de 2005 en France, le gouvernement français et les médias internationaux ont minimisé l’angle islamique. Les émeutiers ont été décrits comme des « jeunes immigrants » ou, plus rarement, comme des « jeunes d’Afrique du Nord », mais jamais en tant que musulmans, et l’exclusion économique et politique a été identifiée comme étant la cause profonde.
HÉSITATION MORALE
THAILANDE : En 2004, face à une recrudescence de la violence, le gouvernement thaïlandais a été contraint de réagir avec des mesures sévères, mais il a rapidement perdu sa détermination et est revenu à des gestes aussi absurdes que le « bombardement de paix » pavant le Sud avec des oiseaux de papier.
L’OCCIDENT : Dans les mois qui ont suivi le 11/9, les Américains ont maintenu une position ferme et résolue dans la confrontation du fascisme islamique. Au fil du temps, la détermination s’est changée en lassitude face à de longues guerres et en frustration à l’égard des lourdes mesures de sécurité.
ENVISAGER LA CHARIA
THAILANDE : En 2006, la Commission nationale de réconciliation a recommandé l’institution de la charia dans le Sud comme concession aux islamistes.
L’OCCIDENT : En 2006, le ministre de la Justice néerlandais a suggéré que la charia serait acceptable dans son pays si elle était approuvée par une majorité des 2/3. La même année, le ministre suédois de la démocratie a dit : « Nous devons être ouverts et tolérants envers l’islam et les musulmans, de sorte que, lorsque nous serons une minorité, ils le seront à notre égard ». En 2008, l’Archevêque de Canterbury a dit que l’introduction de la charia en Grande-Bretagne était « inévitable », et, effectivement, des tribunaux de la charia ont récemment été mis en place pour traiter les affaires civiles au sein de la communauté musulmane britannique.
L’APAISEMENT ET L’INACTION SE RETOURNENT CONTRE EUX
THAILANDE : En septembre 2006, l’armée thaïlandaise, dirigée par un musulman, a renversé le gouvernement démocratiquement élu et immédiatement entrepris une politique d’apologie et d’apaisement. Cela a encouragé les terroristes, qui ont répondu par une augmentation de 30% des attaques sanglantes.
L’OCCIDENT : En août 2005, Israël a unilatéralement retiré ses soldats et ses civils de la bande de Gaza. De Juifs américains de gauche ont acheté les serres existantes et les exploitations agricoles des Juifs de la bande de Gaza afin qu’elles puissent être données aux Palestiniens comme démonstration de bonne volonté. Depuis lors, elles ont été converties en sorties pour les tunnels servant à la contrebande d’armes. Les concessions ont enhardi les islamistes qui ont fait pleuvoir des milliers de roquettes sur Israël et exigé que les Juifs évacuent aussi cette région.
Le djihad Thaï montre que la violence n’est pas causée par la marginalisation économique et politique, ni une rébellion contre l’impérialisme occidental et le capitalisme, ou une réaction au fondamentalisme chrétien. La violence islamiste est enracinée dans l’idéologie islamique.
Les musulmans thaïlandais ont tendance à étudier à l’étranger, au Moyen-Orient et au Pakistan. Beaucoup d’entre eux reviennent en Thaïlande pour y enseigner dans les écoles religieuses, transmettant l’extrémisme à une nouvelle génération.
Des musulmans de Pattani auraient reçu une formation dans des centres d’Al-Qaida au Pakistan, et ont forgé des liens avec des groupes tels que le Front de libération islamique Moro aux Philippines et le Mouvement pour l’Aceh libre en Indonésie. Il s’agit d’un phénomène mondial. L’argent du pétrole finance les mosquées et les écoles radicales, les habitants locaux se radicalisent, et la violence prolifère. Il en va à Londres et à Jérusalem comme à Pattani et à Yala.
La leçon la plus importante du djihad thaïlandais est peut-être que les insurgés musulmans, qui représentent moins de 5% de la population, ont monopolisé le paysage politique depuis une dizaine d’années. Ce fut la plus sanglante insurrection dans le monde en dehors de l’Irak. Le djihad a été la raison principale derrière un coup d’État qui a renversé le gouvernement central de Bangkok. Ceux qui craignent que 3% à 5% de minorités musulmanes pourraient compromettre de manière significative l’Europe de l’Ouest sont qualifiés de « paranos » ou de « racistes » par les médias. L’histoire de la Thaïlande montre clairement que des minorités relativement petites peuvent déstabiliser un gouvernement national et engouffrer une société dans le chaos, sans parler d’une minorité de 10% ou plus dans un pays comme la France.
Le conflit est d’une extrême brutalité, même selon les normes djihadistes. Au moins 30 personnes ont été décapitées. Jusqu’à 1000 écoles ont été fermées à cause d’incendies criminels ou de menaces et 30 enseignants ont été tués. L’une des raisons est que les musulmans thaïlandais sont très conscients qu’ils sont à la périphérie du djihad mondial, les médias du monde entier portant une attention disproportionnée au Moyen-Orient.
Ils espèrent que des attaques audacieuses amèneront plus de notoriété et de prestige à leur cause. Une autre raison est que les bouddhistes sont considérés par les musulmans comme des idolâtres. Alors que les chrétiens et les Juifs sous domination islamique peuvent choisir entre la conversion, la mort, ou un déclin progressif et humiliant comme dhimmis, les idolâtres n’ont pas l’option de la dhimmitude. Ils doivent se convertir ou mourir.
Avec toutes ces statistiques, il est facile d’oublier que de vraies personnes sont sauvagement assassinées chaque jour en Thaïlande. Si vous avez un estomac solide, visitez le blog Zombie Time (*AVIS* Les images sont extrêmement explicites) pour un portrait visuel vraiment troublant du djihad en Thaïlande.
Je vous encourage avant tout à approfondir votre connaissance de la situation en Thaïlande. Passez le mot à vos amis et connaissances de gauche. Ils seront déconcertés quand ils se rendront compte qu’ils ne peuvent pas se replier sur leurs habituels arguments anti-occidentaux pour expliquer la violence djihadiste dans cette nation orientale jadis pacifique. _________________ Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
Inscrit le: May 01, 2003 Messages: 1008 Localisation: Perroy, Suisse
Posté le: Lun Oct 27, 2008 6:28 am Sujet du message:
Je ne suis pas un spécialiste de la Thaïlande. Mais j'ai quelques personnes originaires de ce pays parmi mes amis.
Leur point de vues est unanime : toutes détestent les musulmans, et craignent qu'un jour, l'islam puisse prédominer dans leur pays...
Toutefois, elles sont aussi convaincues que leur pays est extrêmement corrompu. _________________ "Avoir la foi, c'est être plus sûr d'une chose que la raison ne le permet"
Posté le: Mar Oct 28, 2008 3:43 pm Sujet du message:
Grâce à l' islam la Thailande sortira de la corruption. _________________ l'islam cette théologie absurde d'un bédouin immoral est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies
Kémal Ataturk
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