Posté le: Ven Oct 28, 2005 12:38 pm Sujet du message: Re: pour brahim et mira
Salut jf,
jf a écrit:
tout d'abord merci d'admettre que la croyance religieuse à un effet anxylithique
vous le saviez déjà, peut etre mais la science ne se contente pas de préjugés! mais de preuve ici des statistiques mais aussi des analyses d'ailleurs j'ai lu un livre sur le systéme immunitaire qui confirme me dires
le fait d'etre optimiste et la croyance religieuse évite l'angoisse du néant
augment l'espérance de vie
je vous donnerais les références d'un prof de médecine
brahim tu dis que cette découverte ne peut changer ta foi en dieu car elle ne reposerait pas sur l'angoisse et la peur?
en es tu sur est tu sur que ta croyance en dieu n'est pas un moyen luttre contre l'absurdité du néant??? après la mort???
c'est là qu'intervient ton auto analyse
Ma croyance en Dieu me provient de deux sources différentes :
- une source intellectuelle et rationnelle : il me paraît en en effet totalement aberrant que l’univers existe … par hasard, que l’homme soit là … par hasard, que tout cela n’ait aucune signification … aucune origine intelligente … aucun objectif. Il me paraît totalement illogique que l’être humain naisse sur cette terre, souffre parfois le martyre, fasse un tas de projets dont certains sont réalisés et d’autres pas, puis disparaisse sans qu’il y ait aucune suite. Il me paraît injuste que certains êtres humains aient tout ce qu’ils veulent (ou presque) sur cette terre alors que d’autres soient privés de tout et passent une vie de souffrance depuis le jour de leur naissance jusqu’au jour de leur mort. Il me paraît injuste que certains êtres humains fassent beaucoup de mal aux autres et s’en tirent à bon compte en échappant à la justice humaine (soit parce qu’ils ne sont pas démasqués, soit parce qu’ils sont tellement puissants qu’on ne peut rien faire contre eux). Si c’est le hasard qui a voulu çà, alors le hasard est injuste.
- une source profonde et subjective : je crois en Dieu parce que « quelque chose » au fin fond de moi-même, quelque chose de l’ordre de l’intuition ou du sixième sens me dit et m’affirme que Dieu existe bel et bien et que la vie des êtres humains n’a pas commencé le jour de leur naissance et ne se terminera pas le jour de leur mort.
En moi, ces deux sources, rationnelle et subjective, sont en accord et en harmonie l’une avec l’autre. On est loin de l’angoisse que pourraient induire la constatation de la non existence de Dieu ou de la peur de retourner au néant après la mort.
La croyance en Dieu a-t-elle un effet anxiolytique ? Oui et non.
- Oui : La croyance en Dieu permet au croyant de s’adresser à Lui, de se plaindre à Lui, de Lui demander ceci ou cela, de s’en remettre à Lui et en cas de danger (réel ou imaginaire) d’aller « se blottir dans les bras de Dieu ». En faisant cela, le croyant se sent en parfaite sécurité. En fait, le croyant se comporte vis à vis de Dieu de la même manière que le petit enfant se comporte vis à vis de ses parents. C’est peut-être ce à quoi Jésus faisait allusion, lorsqu’il parlait de Dieu en disant « mon Père qui est au ciel ». Si je peux me permettre de paraphraser Jésus, je dirais « mon Père/Mère qui est partout (dans l’univers, en moi-même et dans tous les êtres) ». Vue sous cet angle-là, la croyance en Dieu a un effet anxiolytique certain.
- Non : Croire en Dieu sous-entend croire en une vie après la mort et surtout croire en l’existence d’une Justice Divine. Cela veut dire que le croyant s’attend à rendre des comptes pour tous les actes qu’il a commis durant sa vie terrestre. Etant donné qu’aucun être humain n’est parfait et que nous commettons TOUS (croyants et non croyants) des erreurs, je peux vous assurer que le fait de savoir que l’on doit rendre des comptes et réparer ses erreurs n’est pas du tout anxiolytique. C’est plutôt le contraire qui l’est.
Si je dois résumer cela en une phrase, je dirais : la croyance est anxiolytique lorsqu'on fait face aux problèmes de la vie terrestre et anxiogène lorsqu’on pense à ce qui nous attend après la mort. Ceci devrait pousser le croyant à s’auto contrôler et à faire très attention à ce qu’il dit et à ce qu’il fait durant sa vie terrestre. Le problème, c'est que, la plupart du temps, les croyants n'arrivent pas à s'auto contrôler car ils sont dominés par des forces qui les dépassent ; mais çà c'est un autre sujet.
jf a écrit:
quand à moi ce genre de résultat m'a ammené à prendre un recul certain avec mes croyances, et à me poser la question de savoir si ma foi n'était pas un moyen comme un autre de diminuer mon angoisse
c'est pour cela qu'il faut que vous m'aidiez à divulger ce genre de résultats car un croyant qui accepte l'idée de religion anti stress sera à mon avis peu tenté par le fanatisme...
puisque on lui aura donné les outils pour prendre du recul avec sa propre croyance...
c'est à mon avis le meilleur moyen de lutter contre...
salut
Ce que tu dis là est le résultat de ton expérience personnelle et je la respecte en tant que telle. Cependant, si le fait de prendre conscience que la croyance en Dieu a un certain effet anxiolytique t’a permis, à toi, de prendre du recul par rapport à ta propre croyance, il n’est pas certain que les autres croyants réagiront de la même manière que toi.
Brahim _________________ Qui sommes-nous ? D'ou venons-nous ? Ou allons-nous ?
Posté le: Ven Oct 28, 2005 1:05 pm Sujet du message:
Bonjour GrandChienNoir,
GrandChienNoir a écrit:
N’y a-t-il pas quelque chose d’un peu absurde dans le spectacle d’êtres humains qui tiennent devant eux un miroir et qui pensent que ce qu’ils y voient est tellement excellent que cela prouve qu’il doit y avoir une Intention Cosmique qui, depuis toujours, visait ce but...Si j’étais tout-puissant et si je disposais de millions d’années pour me livrer à des expériences, dont le résultat final serait l’Homme, je ne considérerais pas que j’aurais beaucoup de raisons de me vanter.
Bertrand Russell
Si je devais épondre à Bertrand Russell, je lui dirais :
- Personne ne connaît le but ni les projets de Dieu. Il n'est pas du tout certain que l'Homme soit le but ou le résultat final que Dieu recherche.
- Comparativement à l'univers, l'importance de l'Homme est insignifiante et est très peu différente de zéro. L'Homme n'est qu'une infime particule faisant partie de l'Oeuvre gigantesque de Dieu. En langage humain, on dirait : Dieu n'a pas que l'Homme dans Sa tête.
Brahim _________________ Qui sommes-nous ? D'ou venons-nous ? Ou allons-nous ?
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Posté le: Ven Oct 28, 2005 2:20 pm Sujet du message: Re: pour brahim et mira
Bonjour à tous,
Merci Brahim pour ce temoignage où je me retrouve completement.
Brahim a écrit:
- une source intellectuelle et rationnelle : il me paraît en en effet totalement aberrant que l’univers existe … par hasard, que l’homme soit là … par hasard, que tout cela n’ait aucune signification … aucune origine intelligente … aucun objectif. Il me paraît totalement illogique que l’être humain naisse sur cette terre, souffre parfois le martyre, fasse un tas de projets dont certains sont réalisés et d’autres pas, puis disparaisse sans qu’il y ait aucune suite. Il me paraît injuste que certains êtres humains aient tout ce qu’ils veulent (ou presque) sur cette terre alors que d’autres soient privés de tout et passent une vie de souffrance depuis le jour de leur naissance jusqu’au jour de leur mort. Il me paraît injuste que certains êtres humains fassent beaucoup de mal aux autres et s’en tirent à bon compte en échappant à la justice humaine (soit parce qu’ils ne sont pas démasqués, soit parce qu’ils sont tellement puissants qu’on ne peut rien faire contre eux). Si c’est le hasard qui a voulu çà, alors le hasard est injuste.
C'est exactement ce que j'ai voulu dire par le fait que la vie sans Dieu , et donc sans but, me paraitrait absurde et ce qu'elle soit reussie ou non.
Tu l'explique mieux que je ne saurais jamais le faire.
Naitre, vivre , aimer, souffrir, pleurer , puis vieillir et mourir est pour moi un non sens si tout fini à la mort. Cette vie là je crache dessus et rien ne saurait m'y retenir longtemps.
Et puis quelle injustice qu'un type comme Hitler finisse exactement comme ses victimes.
Hitler n'est ici qu'un exemple pour caricaturer un peu ce qui pour moi est le comble de l'absurdité.
Ils sont beaucoup plus nombreux à etre des Hitler que des Mere Theresa après tout.
Oui une vie sans Dieu est un gachis et si j' y suis heureuse , je sais qu'ils sont des milliards à ne pas l'etre. Mais surtout, si j'ai eu la chance d'avoir ete epargnée par les pires atrocités de cette planete, je sais que la grande majorité ne l'est pas. je ne compte plus les affamés et les torturés et suppliciés de la terre. Je ne parlera même pas des emmurés vivants: les tétraplegiques, les culs jattes ou les sourds- aveugles.
Alors moi cette vie je lui dis merde et c'est encore trop beau pour elle.
Perso, je n'ai rien trouvé de mieux pour donner un sens à ce cirque si ce n'est Dieu. C'est le coté peut etre subjectif de ma croyance.
Mais l'existence de l'univers, ce que je sais sur sa complexité et son immensité ne peut venir que d'un "Constructeur" un "Createur", et le hasard peut aller se faire voir. Moi j'y crois pas et j'en suis navrée mais je n'y peux rien. J'ajouterai: je n'ai pas vu Dieu mais j'ai vu Ses Preuves.
Je ne dirai pas mieux que Philippe Ragueneau dans son livre "L'autre coté de la vie"
Citation:
Je suis croyant, certes, à ma manière primaire, mais fort éloigné de la pratique religieuse. Il est pour moi évident que Dieu existe et je considère pas pour autant que j'ai la foi car avoir la foi, c'est croire de confiance et sans l'ombre preuve. Or, les preuves de son existence, je les vois partout, dans la parfaite beauté de mes chats, dans le veiné d'un marbre, dans la grâce d'un palmier, dans un regard de chien, dans les millions de soleils peuplent l'espace. Tout, autour de nous, témoigne d'une inimaginable intelligence créatrice, et ne peut évidemment pas résulter de l'assemblage hasardeux de quelques molécules qui, d'ailleurs, seraient nées d'où ?... Du néant ?... Absurde !
Or, si Dieu existe et s'il est bien l'incontestable auteur de l' univers des éléments, matériaux et créatures - rien ne lui est impossible, après ce tour de force, même pas venir faire un tour sur « sa » terre, en pleine conquête romaine, ou de remonter chez lui en versant d'une pichenette la pierre de son tombeau. De même est-il, selon moi, plus difficile de fabriquer un papillon ou une rose que de multiplier les pains ou de faire
pleuvoir des sauterelles.
Je suis tout aussi convaincu qu'il y a une un delà de la mort. Dieu n'aime certainement pas le gâchis, comme tout bon artisan qui se respecte. Contre celui que multiplient les hommes, il ne peut rien car, très judicieusement, il leur a laissé le choix entre bien se comporter ou faire l'andouille : on fera les comptes de l'autre côté. Mais lui considère certainement que ce serait, de sa part, un vrai gâchis de réduire en poussière des intelligences, des sensibilités et des forces vives qui n'ont eu, pour s'exprimer, que le temps d'un tout petit séjour sur une toute petite planète.
Tout cela, je me l'étais dit cent fois. Mais lorsqu'on est sceptique par nature, on attend comme saint Thomas, en dépit de toutes les intimes convictions, une preuve par neuf. Je ne crois ni à l'astrologie, ni aux tarots, ni aux lignes de la main, et moins encore au langage des cartes, des fleurs ou du marc de café. Les prédictions des voyants extra-lucides me font ricaner et, d'une façon générale, je ne crois qu'en ce que je vois.
Citation:
Comparativement à l'univers, l'importance de l'Homme est insignifiante et est très peu différente de zéro. L'Homme n'est qu'une infime particule faisant partie de l'Oeuvre gigantesque de Dieu. En langage humain, on dirait : Dieu n'a pas que l'Homme dans Sa tête.
Merci Brahim de le rappeler.
Mira _________________ Le plus important n'est peut etre pas que je croie en Dieu mais que je sois quelqu'un en qui Dieu pourrait croire.
Pierre Elyakim Simsovic
Posté le: Ven Oct 28, 2005 7:27 pm Sujet du message: Re: pour brahim et mira
Brahim a écrit:
il me paraît en en effet totalement aberrant que l’univers existe … par hasard, que l’homme soit là … par hasard, que tout cela n’ait aucune signification … aucune origine intelligente … aucun objectif.
Personnellement, ça ne m'apparait pas abherrant la probabilité d'inutilité d'absence de finalité totales de tout ça. Tu juges d'après ta propre expérience et perception des choses (enchainements de causes et effets), or rien ne dit que c'est un principe immuable applicable à grande échelle (l'immensité insondable de l'univers). Tu rappelles justement notre petitesse, et bien qui dit que nos "lois" et perceptions sont applicables à + grande échelle ?
On préfère croire que l'Histoire a un sens et on est effaré par la probabilité qu'elle n'en aurait pas du tout. Pourtant, on pourrait aussi croire que la beauté de la Vie viendrait de son absurdité gratuite et sa précarité.
Pour ma part, les 2 probabilités sont à 50/50 dans ma tête et aucune ne m'angoisse plus que l'autre. Par contre dans la probabilité "Dieu existant", j'avoue que le Dieu Personnel anthropomorphe est la probabilité la moins crédible, justement à cause de notre petitesse dans l'univers. Quelle superbe de notre part de croire à une version de nous-même améliorée ! "Dieu" aurait une figure plus panthéïste, son propre système, sa propre "logique".
Citation:
Il me paraît totalement illogique que l’être humain naisse sur cette terre, souffre parfois le martyre, fasse un tas de projets dont certains sont réalisés et d’autres pas, puis disparaisse sans qu’il y ait aucune suite.
Il me paraît injuste que certains êtres humains aient tout ce qu’ils veulent (ou presque) sur cette terre alors que d’autres soient privés de tout et passent une vie de souffrance depuis le jour de leur naissance jusqu’au jour de leur mort. Il me paraît injuste que certains êtres humains fassent beaucoup de mal aux autres et s’en tirent à bon compte en échappant à la justice humaine (soit parce qu’ils ne sont pas démasqués, soit parce qu’ils sont tellement puissants qu’on ne peut rien faire contre eux). Si c’est le hasard qui a voulu çà, alors le hasard est injuste.
Justement, devant ces constats d'injustices flagrantes, je trouve que l'idée de lkm très bien "c'est nous qui devons accomplir ce qu'on attribue à dieu", à nous d'aporter l'apaisement, c'est à nous de contruire le paradis, ICI, malgré notre précarité et nos délais très courts. Je sais bien que tu te situes sur l'idée d'espoir, mais comme dans ma tête c'est 50/50, je pense qu'on devrait rejeter le "devoir d'espoir" sur l'être humain tout simplement (quand même 50% qu'il n'y ait rien, aucune justice ) pour être sûr de gagner à tous les coups.
Ainsi les beaux projets avortés, les injustices non réparées, etc même si les réhabilitations se font des années, des siècles plus tard, et cela même si on découvrait que dans l'au delà, il y a "déjà" eu réparation. Mieux vaut risquer de réhabiliter 2 fois que de ne réparer 0 fois. Ouais je sais ça fait petit joueur, mais bon !
Alice
PS : Les appendices sont peut être totalement inutiles !
Posté le: Ven Oct 28, 2005 9:19 pm Sujet du message: Re: pour brahim et mira
Salut Alice,
Alice a écrit:
Personnellement, ça ne m'apparait pas abherrant la probabilité d'inutilité d'absence de finalité totales de tout ça. Tu juges d'après ta propre expérience et perception des choses (enchainements de causes et effets), or rien ne dit que c'est un principe immuable applicable à grande échelle (l'immensité insondable de l'univers). Tu rappelles justement notre petitesse, et bien qui dit que nos "lois" et perceptions sont applicables à + grande échelle ?
On préfère croire que l'Histoire a un sens et on est effaré par la probabilité qu'elle n'en aurait pas du tout. Pourtant, on pourrait aussi croire que la beauté de la Vie viendrait de son absurdité gratuite et sa précarité.
Pour ma part, les 2 probabilités sont à 50/50 dans ma tête et aucune ne m'angoisse plus que l'autre. Par contre dans la probabilité "Dieu existant", j'avoue que le Dieu Personnel anthropomorphe est la probabilité la moins crédible, justement à cause de notre petitesse dans l'univers. Quelle superbe de notre part de croire à une version de nous-même améliorée ! "Dieu" aurait une figure plus panthéïste, son propre système, sa propre "logique".
Il est évident que je me base sur mon expérience personnelle, mais je me base aussi sur mon obervation du fonctionnement des êtres humains. Or, nous les humains, nous ne faisons rien par hasard, sans objectif, sans avoir une idée derrière la tête. Si nous allons travailler, c'est pour gagner de l'argent ; si nous sortons dans la rue, c'est pour aller quelque part ; si nous errons dans la rue, c'est pour tuer le temps ; si nous faisons des études, c'est pour apprendre quelque chose ou avoir un diplome ; si nous allons au cinéma, c'est pour nous faire plaisir ; etc, etc.
Bien sûr, on ne peut pas en conclure d'une façon certaine, que Dieu ou encore l'univers fonctionne comme nous les humains ; ou plutôt que nous fonctionnons comme Lui. Après tout, il peut très bien en être autrement. Mais, quelque chose en moi me dit que l'infiniment petit ressemble à l'infiniment grand ; ou encore que le microcosme (l'être humain) ressemble au macrocosme (l'univers). A titre d'exemple, l'atome (avec son noyau central et les électrons qui tournent autour), ne ressemble-t-il pas étangement au système solaire (avec le soleil au centre et les planètes qui tournent autour) ?
Alice a écrit:
Justement, devant ces constats d'injustices flagrantes, je trouve que l'idée de lkm très bien "c'est nous qui devons accomplir ce qu'on attribue à dieu", à nous d'aporter l'apaisement, c'est à nous de contruire le paradis, ICI, malgré notre précarité et nos délais très courts. Je sais bien que tu te situes sur l'idée d'espoir, mais comme dans ma tête c'est 50/50, je pense qu'on devrait rejeter le "devoir d'espoir" sur l'être humain tout simplement (quand même 50% qu'il n'y ait rien, aucune justice ) pour être sûr de gagner à tous les coups.
Ainsi les beaux projets avortés, les injustices non réparées, etc même si les réhabilitations se font des années, des siècles plus tard, et cela même si on découvrait que dans l'au delà, il y a "déjà" eu réparation. Mieux vaut risquer de réhabiliter 2 fois que de ne réparer 0 fois. Ouais je sais ça fait petit joueur, mais bon !
Alice
PS : Les appendices sont peut être totalement inutiles !
L'un n'empêche pas l'autre. Le fait de croire en l'existence de Dieu ne doit effectivement pas nous empêcher d'agir et d'essayer de construire notre paradi ici et maintenant. Cela ne doit pas nous empêcher de faire réparer des injustices, même à postériori. Cela ne doit pas nous empêcher de croire, jusqu'à un certain point, en l'Homme. Mais vu la part insignifiante qu'occupe l'Homme dans l'univers, vu les horreurs que l'Homme a commises et continue de commettre et vu sa faiblesse et sa vulnérabilité, je peux difficilement croire en l'Homme à 100%. Pour faire petit joueur moi aussi, je te dirai que je pourrai diffcilement jouer toute ma mise sur l'Homme.
Brahim _________________ Qui sommes-nous ? D'ou venons-nous ? Ou allons-nous ?
Posté le: Jeu Juil 24, 2008 6:06 pm Sujet du message:
Tristes Tropiques, Lévi-Strauss, l'Inde et l'islam
En 1955 est publié dans la collection Terre humaine l'ouvrage fondateur de l'ethnologie moderne,Tristes Tropiques. L'auteur est un agrégé de philosophie de 47 ans, Claude Lévi-Strauss, spécialiste des structures de parenté.
Dans un style d'une rare élégance, il ne décrit pas seulement les tribus brésiliennes qu'il a eu le loisir d'analyser. Il livre aussi des réflexions profondes et libres sur le monde contemporain.
Dans l'extrait ci-dessous (neuvième partie, chapitre XXXIX), l'auteur évoque son passage en Inde, sur le chemin de l'Europe. Il évoque l'islam et ses rapports tourmentés avec le monde hindou comme avec le monde occidental et chrétien. Cinquante ans après, ses observations n'ont pas pris une ride et méritent en tout cas d'enrichir notre propre réflexion sur le monde qui nous entoure.
Tristes Tropiques, extraitJ'errais un soir dans l'enceinte de Bhir Mound, délimitée par un talus de déblais. Ce modeste village, dont les soubassements seuls ont subsisté, ne dépasse plus le niveau des ruelles géométriques où je marchais. Il me semble considérer son plan de très haut ou de très loin, et cette illusion, favorisée par l'absence de végétation, ajoutait une profondeur à celle de l'histoire. Dans ces maisons vécurent peut-être les sculpteurs grecs qui suivaient Alexandre, créateurs de l'art du Gandhara et qui inspirèrent aux anciens bouddhistes l'audace de figurer leur dieu. Un reflet brillant à mes pieds m'arrêta : c'était, dégagée par les pluies récentes, une piécette d'argent portant l'inscription grecque : MENANDRU BASILEUS SÔTEROS. Que serait aujourd'hui l'Occident si la tentative d'union entre le monde méditerranéen et l'Inde avait réussi de façon durable ? Le christianisme, l'Islam, auraient-ils existé ? C'était surtout l'Islam dont la présence me tourmentait ; non parce que j'avais passé les mois précédents en milieu musulman : ici confronté aux grands monuments de l'art gréco-bouddhique, mes yeux et mon esprit restaient encombrés par le souvenir des palais mogols auxquels j'avais consacré les dernières semaines à Delhi, Agra et Lahore (...).
Déjà l'Islam me déconcertait par une attitude envers l'histoire contradictoire à la nôtre et contradictoire en elle-même : le souci de fonder une tradition s'accompagnait d'un appétit destructeur de toutes les traditions antérieures. Chaque monarque avait voulu créer l'impérissable en abolissant la durée (...).
A l'Université de Lahore, j'ai rencontré une dame anglaise mariée à un musulman, qui dirigeait le département des Beaux-Arts. Seules les filles sont autorisées à suivre son cours ; la sculpture est prohibée, la musique clandestine, la peinture est enseignée comme un art d'agrément. Comme la séparation de l'Inde et du Pakistan s'est faite selon la ligne de clivage religieux, on a assisté à une exaspération de l'austérité et du puritanisme. L'art, dit-on ici, a «pris le maquis». Il ne s'agit pas seulement de rester fidèle à l'Islam, mais plus encore, peut-être, de répudier l'Inde : la destruction des idoles renouvelle Abraham, mais avec une signification politique et nationale toute fraîche. En piétinant l'art, on abjure l'Inde (...).
Plutôt que parler de tolérance, il vaudrait mieux dire que cette tolérance, dans la mesure où elle existe, est une perpétuelle victoire sur eux-mêmes <<i>les musulmans>. En la préconisant, le Prophète les a placés dans une situation de crise permanente, qui résulte de la contradiction entre la portée universelle de la révélation et l'admission de la pluralité des fois religieuses. Il y a là une situation «paradoxale» au sens pavlovien, génératrice d'anxiété d'une part et de complaisance en soi-même de l'autre, puisqu'on se croit capable, grâce à l'Islam, de surmonter un pareil conflit. En vain, d'ailleurs : comme le remarquait un jour devant moi un philosophe indien, les musulmans tirent vanité de ce qu'ils professent la valeur universelle de grands principes : liberté, égalité, tolérance ; et ils révoquent le crédit à quoi ils prétendent en affirmant du même jet qu'ils sont les seuls à les pratiquer.
Un jour, à Karachi, je me trouvais en compagnie de Sages musulmans, universitaires ou religieux. A les entendre vanter la supériorité de leur système, j'étais frappé de constater avec quelle insistance ils revenaient à un seul argument : sa simplicité (...).
Tout l'Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l'esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d'une très grande (mais trop grande) simplicité. D'une main on les précipite, de l'autre on les retient au bord de l'abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C'est ainsi qu'on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s'adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible. Mais, de ce fait, la barrière du souci s'est seulement déplacée, puisque maintenant, il suffira qu'on frôle votre femme pour vous déshonorer, et vous vous tourmenterez plus encore. Une franche conversation avec de jeunes musulmans enseigne deux choses : d'abord qu'ils sont obsédés par le problème de la virginité prénuptiale et de la fidélité ultérieure ; ensuite que le purdah, c'est-à-dire la ségrégation des femmes, fait en un sens obstacle aux intrigues amoureuses, mais les favorise sur un autre plan : par l'attribution aux femmes d'un monde propre, dont elles sont seules à connaître les détours. Cambrioleurs de harems quand ils sont jeunes, ils ont de bonnes raisons pour s'en faire les gardiens une fois mariés.
Grande religion qui se fonde moins sur l'évidence d'une révélation que sur l'impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l'intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s'en rendent coupables ; car s'ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c'est plus grave) incapables de supporter l'existence d'autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l'abri du doute et de l'humiliation consiste dans une «néantisation» d'autrui, considéré comme témoin d'une autre foi et d'une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d'une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s'avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants.
Ce malaise ressenti au voisinage de l'Islam, je n'en connais que trop les raisons : je retrouve en lui l'univers d'où je viens ; l'Islam, c'est l'Occident de l'Orient. Plus précisément encore, il m'a fallu rencontrer l'Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd'hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m'obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les musulmans comme chez nous, j'observe la même attitude livresque, le même esprit utopique, et cette conviction obstinée qu'il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt (..). Comme l'Islam est resté figé dans sa contemplation d'une société qui fut réelle il y a sept siècles, et pour trancher les problèmes de laquelle il conçut alors des solutions efficaces, nous n'arrivons plus à penser hors des cadres d'une époque révolue depuis un siècle et demi, qui fut celle où nous sûmes nous accorder à l'histoire, et encore trop brièvement, car Napoléon, ce Mahomet de l'Occident, a échoué là où a réussi l'autre. Parallèlement au monde islamique, la France de la Révolution subit le destin réservé aux révolutionnaires repentis, qui est de devenir les conservateurs nostalgiques de l'état de choses par rapport auquel ils se situèrent une fois dans le sens du mouvement.
Vis-à-vis des peuples et des cultures encore placés sous notre dépendance, nous sommes prisonniers de la même contradiction dont souffre l'Islam en présence de ses protégés et du reste du monde. Nous ne concevons pas que des principes, qui furent féconds pour assurer notre propre épanouissement, ne soient pas vénérés par les autres au point de les inciter à y renoncer pour leur usage propre, tant devrait être grande, croyons-nous, leur reconnaissance envers nous de les avoir imaginés en premier. Ainsi l'Islam qui, dans le Proche-Orient, fut l'inventeur de la tolérance, pardonne mal aux non-musulmans de ne pas abjurer leur foi au profit de la sienne, puisqu'elle a sur toutes les autres la supériorité écrasante de les respecter. Le paradoxe est, dans notre cas, que la majorité de nos interlocuteurs sont musulmans, et que l'esprit molaire qui nous anime les uns et les autres offre trop de traits communs pour ne pas nous opposer (...).
Si le bouddhisme cherche, comme l'Islam, à dominer la démesure des cultes primitifs, c'est grâce à l'apaisement unifiant que porte en elle la promesse du retour au sein maternel ; par ce biais, il réintègre l'érotisme après l'avoir libéré de la frénésie et de l'angoisse. Au contraire, l'Islam se développe selon une orientation masculine. En enfermant les femmes, il verrouille l'accès au sein maternel : du monde des femmes, l'homme a fait un monde clos. Par ce moyen, sans doute, il espère aussi gagner la quiétude ; mais il la gage sur des exclusions : celle des femmes hors de la vie sociale et celle des infidèles hors de la communauté spirituelle : tandis que le bouddhisme conçoit plutôt cette quiétude comme une fusion : avec la femme, avec l'humanité, et dans une représentation asexuée de la divinité. (...). _________________ Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
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