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Islam Contre Islam Housayn Ibn Mansour Al-Hallâj (857-922)
Transmis paraime le 15 aoû 2004 à 16:50
Contribution de aime

On commence avec une figure qui incarne le soufisme. Il s’agit du théologien, poète, mystique et martyr soufie Al-Hallâj.

Fiche de présentation

  • Connu sous : Al-Hallâj
  • Prénom : Houssien
  • Nom : Ibn Mansour
  • Surnom : Abou Al Moughith
  • Date de naissance : 244 de l'ère musulmane (857 ap jc)
  • Date et lieu de sa mort : Mort crucifié à Bagdad (sous les Abbassides) en 309 de l'ère musulmane (922 ap jc)


La  vie et la mort  d’un homme :

À Tûr une petite localité à côté de la ville Al-Baïtha, centre très arabisé dans la province Perse d'Ahvaz, un grand homme Mystique est né.

Son père était cardeur. Il reçoit une éducation coranique en langue arabe, ses parents s'étant installés à Bassora en Irak. Dès l'adolescence, il est extrêmement pieux et connaît des épisodes extatiques qui provoquent l'admiration et la crainte. À vingt ans, il entre dans une communauté soufie à Bassora et devient moine consacrant. Son premier maître en mystique fut Sahl de Tustar. Puis, Al-Hallâj fait la rencontre de Jonayd et pratique sous sa direction les exercices spirituels. Il reçoit la Khirqa (l'habit monastique de soufi) des mains de son grand maître. 

Il se maria dans le même temps et eut quatre enfants. Sa belle famille avait des accointances Chiites extrémistes (Zanj) qui le firent suspecter, bien qu'il fût rigoureusement Sunnite. Mais dès son premier pèlerinage à la Mecque, il rompt ses relations avec les soufis ainsi qu'avec les traditionalistes et les juristes, il commença sa première prédication publique en Ahwâz, en rejetant l'habit soufi, puis il poursuivit sa prédication en Khourasân. Au bout de cinq ans, il vint s'installer avec sa famille à Bagdad. Après un second pèlerinage, il repartit pour un second grand voyage jusqu'à l'Indus et en revint pour son troisième et dernier pèlerinage (vers l'an 290/902). Revenu à Bagdad, il commença à tenir en public des discours surprenants qui provoqueront une grande émotion populaire. Il fut dénoncé par le poète Sunnite Zahirite Ibn Dawud, qui demanda sa condamnation à mort. D'abord acquitté, il fut ensuite à nouveau menacé par le Vizir Chiite Ibn Al Fourat. Quatre disciples sont arrêtés mais lui-même s'échappe et se cache à Suse en Ahwâz, où il sera arrêté et ramené à Bagdad. Son interminable procès de neuf ans, soumis aux retournements du pouvoir, commence alors.

N.B : Al-Hallâj mot arabe qui dérive de la racine Halaja (verbe) qui signifie «égrener le coton» et Al-hallâj c’est l’égreneur. 

En 301/913, un nouveau Vizir, prohallagien, Ibn Isâ, fait avorter le procès et soustrait le cas d'Al-Hallâj à la compétence du Cadi. Hallâj est interné au Palais mais il est autorisé à prêcher aux détenus et il est introduit auprès du Calife. Mais en 306/919, le Vizir Hâmad fait rouvrir son procès. Tirant argument de la doctrine d'Al-Hallâj sur le remplacement votif du hajj (pèlerinage), le Cadi prononce une fatwa : "il est licite de verser ton sang", approuvé par 24 membres du tribunal canoniste. Deux jours après, le 27 mars 922 (le 24 Du'l-Qa'da 309), Al-Hallâj est exhibé au gibet et le lendemain flagellé, mutilé, crucifié et décapité. Son tronc fut incinéré et ses cendres jetées dans le Tigre. La tête fut gardée par la Reine-mère - qui lui était favorable - au "trésor des têtes" du Palais, avant d'être envoyée en Khurâsân où il était enterré. C'était le premier martyr mystique de l’Islam.


Tombe d'Al-Hallâj à Khurâsân

Une histoire tragique :

L’homme est né pour être libre dans ses pensées et pour exposer ses idées. Mais Al-Hallâj est apparu dans une période où l’orthodoxie religieuse frappait de plein fouet et où les courants de pensée étaient pourchassés par le pouvoir politique et religieux. L’islam vivait une période très sensible. La mort d'Al-Hallâj était une preuve de l’impasse que commençait à vivre l’islam.

Al-Hallâj est sans doute l'un des plus célèbres mystiques de tous les temps pour le monde islamique, bien qu'il soit presque totalement inconnu par la majorité et notamment en Occident. Il a consacré sa vie à Dieu, à la méditation et à la prière. Poèmes et oraisons ponctuent son itinéraire spirituel. Toujours vêtu de noir, montrant l'exemple du dépouillement, de l'ascèse et de la rigueur morale. Sa présence près de la Kaaba va exacerber encore son mysticisme et son intransigeance. Pendant une année entière, il restera, dit-on, assis sur le parvis du lieu saint, pratiquant le jeûne et la prière, sorte de reproche vivant - ou de modèle - pour les croyants dont il estime la dévotion superficielle ou insuffisante. Il prêche, rassemble des fidèles au cours de périples qui vont le mener jusqu'au Khourasân, en Inde et au Turkestan. Mais son exaltation, les sacrifices qu'il s'inflige, cette folie de Dieu qui l'habite le signalent à la vindicte des autorités religieuses. Dès son retour à Bagdad, les Chiites l'accusent de sorcellerie, les Soufis le rejettent, lui qui a osé quitter leur confrérie. L'union avec Dieu réalisée grâce à l'amour était le sujet de ses prédications en public à Bagdad. Les canonistes en conçurent beaucoup de colère et l'accusèrent de panthéisme. Les Soufis ne le soutinrent pas sous prétexte qu'il aurait divulgué des secrets qui ne devaient être communiqués qu'aux initiés. Al-Hallâj avait commis la faute de rompre publiquement "la discipline de l'arcane".

Partout, il multiplie les miracles en se proclamant uni à Dieu. « Mon esprit s'est emmêlé avec Son Esprit… comme le vin avec l'eau pure » déclare Al-Hallâj qui veut faire connaître Dieu à travers sa passion et montrer qu'on ne peut en goûter la divine réalité qu'en passant outre les limites des croyances et des rites. Pour lui, la vie spirituelle ne peut avoir pour but que l'union au Divin ce qui implique de renoncer à tout ce qui n'est pas de Lui. Son « Dîwân », classique de la poésie mystique publié par ses disciples après sa mort, nous offre un peu de cette puissante réalité mystique.

Il passe huit ans en prison jusqu'à son second procès qui le condamne à mort. « Tuez-moi mes féaux compagnons, c'est dans mon meurtre qu'est ma vie » déclame Al-Hallâj conscient de la puissance créatrice de son sacrifice. Mais son supplice tout autant que ses écrits opèrent peu à peu une « résurrection » dans les consciences religieuses de la communauté musulmane qui voit en lui, un « Pôle spirituel » ayant immortalisé et élevé l'islam au rang des religions universelles. Les disciples soufies le vénèrent en secret faisant de lui un symbole pour l'initié tandis que les mystiques de l'Inde et les grands poètes Turcs et Iraniens exaltent la grandeur d'âme d'Al-Hallâj qualifié de « saint par excellence ». Hâfiz, célèbre poète Iranien, disait de lui : « Jamais ne mourra celui-là dont le cœur vit de désir ». Non, jamais ne meurent ceux qui par leur sacrifice, se logent dans le cœur des hommes. « Jamais ne meurent ceux qui sont venus à la suite du Christ élever l'humanité, et qui logés au fin fond de notre être, nous aident à élever notre esprit par delà nos limites jusqu'à ce que nous soyons unis au Divin… au point de n'être plus que Sa manifestation ». Pascal

Al-Hallâj cherchait à donner vie au spiritualisme et à le libérer des traditions héritées. Mais, il était mal compris. Il était tellement direct que l’orthodoxie religieuse Sunnite voyait en lui le parfait apostat notamment après avoir déclaré que les piliers de l’islam  n’étaient pas obligatoires malgré qu’il consacre un poème sur le prophète Mohamed dans ses fragments dogmatiques (Tawasin). Quant aux politiciens, ils voyaient en lui un opposant farouche. En effet, il appelait à réformer la question sur les impôts. Tout le monde était contre lui sauf quelques personnes. Mais Al-Hallâj a fini par trouver le mérite grâce aux travaux d’Adunis, de Abdelwahab el Bayati, d’Ikbel, de Salah abd Essabour et bien évidemment de Louis Massignon qui l'a fait connaître en Occident et qui lui a consacré les quatre volumes de son oeuvre maîtresse, La Passion d’Al-Hallâj et a fait connaître aussi l'originalité de son oeuvre littéraire (Passion III, 352-373). Plus récemment, Sami-Ali a publié chez Sindbad (1985) une traduction des Poèmes mystiques d'Al-Hallâj avec une remarquable introduction sur La poétique de Hallâj, édition de poche chez Albin Michel (1998).

Ses œuvres :

Le peu qu'il en reste, c'est-à-dire les poèmes et oraisons extatiques (Diwân), les sentences détachées (Riwâyât), les oraisons (Munâjât) parvenues sous la forme de Akhbar Al Hallâj, les fragments dogmatiques des Tawâsin (écrit et publié en prison), ont été sauvées par ses disciples et retransmises selon la coutume musulmane par des chaînes (isnad) de "rapporteurs". Ses poèmes proprement dits, tirés pour la plupart des Akhbar Al Hallâj où le récit en prose rimée précède le récitatif en vers ont été réunis pour la première fois en traduction française par Louis Massignon dans le Diwân (première édition en 1931). L'édition de Sami-Ali ne retient pas 39 poèmes sur 88 considérés comme non authentiques.

En savoir plus sur Al-Hallâj :

Livres

La Passion de Hallâj, martyr mystique de l'Islam, tome 4 de Louis Massignon

Poèmes mystiques de Hussein Mansour al- Hallaj, Sami-Ali (Sous la direction de)

Le Livre de la parole  de Husayn Mansûr Hallâj

Le Livre des tawassines de H.-M. Hallaj

Évocation de Hallaj de Kebir Mustapha Ammi, poète algérien

*

Diwan  de Mansur Hallaj Hocein

*

Hallâj ou la religion de la croix de Arnaldez R.

*

Boit Passion de Hallaj de L. Massignon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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