De Sohane à Ghofrane…
Date: 01 déc 2004 à 17:56
Sujet: AIME hebdo


  Des Sohane et des Ghofrane, il y en a plein les rues et on ne sait pas si l’on doit dire que Sohane BENZIANE, 18 ans, et Ghofrane HADDAOUI, 23 ans, ont eu de la chance d’avoir, selon la formule consacrée, leur nom dans les journaux ou si la triste célébrité qu’elles ont bien involontairement acquise est due à leur seule mauvaise étoile.

Quoi qu’il en soit, force est de constater qu’en France les victimes des prêcheurs d’une morale, si peu républicaine qu’elle en vient tout naturellement à légitimer le meurtre par les flammes ou les pierres, sont de plus en plus nombreuses. La violence vis-à-vis des femmes s’accroît et se banalise de jour en jour sans que les médias y portent la moindre attention. Chaque fois, c’est au forceps qu’il nous faut leur arracher la divulgation et un relais décent de ces sinistres informations. Pourtant nous sommes conscients de la puissance et de la valeur de la pression que les journalistes de tous bords pourraient mettre sur les prédicateurs apocalyptiques de l’islam radical.

Le corps de Ghofrane a été retrouvé à la mi-octobre dans un terrain vague des quartiers Nord de Marseille. La jeune femme, d'origine tunisienne, a été défigurée à coups de pierres - ce qui veut dire qu’elle a été lapidée. Quant à Sohane, elle a été brûlée vive au nom de cette morale fanatique qui se veut au-dessus des lois de la République.

Serions-nous donc dans le coin le plus reculé d’une jungle, là où il faut bien tuer si l’on veut survivre ? Non, nous nous trouvons au cœur de l’Europe occidentale, dans un pays nommé « le pays des Lumières » et qui restera à jamais celui « des droits de l’homme » : nous sommes en France.

Seulement voilà, à peine avait-on commencé à respirer dans les banlieues, avec la naissance de nouvelles générations un peu mieux intégrées que l’on vit débarquer les soi-disant « gardiens de la parole d’Allah », avides d’imposer leur dogme dévastateur au nom d’un Dieu de violence et de haine et d’assouvir du même coup une misogynie refoulée qui exigeait impérieusement qu’on la laissât enfin éclater au grand jour. En laissant soumettre la musulmane à des exigences masculines indignes, on claquait la porte au nez d’une intégration déjà difficile à mener à bien. Car ne nous voilons pas la face (!) : pour que l’assimilation des Français d’origine arabo-musulmane s’effectuât en douceur sans pour autant renier, voire gommer totalement les traces de leur culture originelle, il fallait que l’on confiât l’essentiel de cette tâche primordiale aux femmes – et rien qu’à elles. Pour la culture dont elle était issue, la musulmane devenait l’espoir de la survie et du renouveau même de cette culture.


Manifestation à Marseille derrière la famille de Ghofrane à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes le 27 novembre 2004

Peu soucieux, on le devine, de sacrifier la moindre parcelle de leur pouvoir machiste, bien décidés au contraire à le conforter au cœur même de la République française, les prédicateurs islamistes se sont substitués peu à peu aux caïds et aux grands frères. L’avis des femmes ? Ils n’en ont cure – « Qui se soucierait de ce que pense un être aussi inférieur qu’une femme ? » Voici comment raisonnent les intégristes.

Hélas ! Ces victimes de l’obscurantisme dans notre pays ne seront pas les dernières. Iil y en aura bien d’autres si nous ne réagissons pas et si nous ne faisons pas obstacle, tant qu’il est encore temps, à ce renouveau intégriste qui, en se réfugiant derrière ce qui devrait être le plus sacré aux yeux de leurs adeptes – le nom de Dieu – risque de faire entrer notre civilisation dans une ère de régression qui précédera inéluctablement sa disparition.

Que la peur des représailles éventuelles ne soit pas aussi forte qu’elle nous fasse reculer ! Femmes et hommes, de toute culture et de tout milieu, nous avons le droit et le devoir d’exiger la liberté de penser par nous-mêmes, sans être contraints de rechercher pour le faire le consentement de ceux qui, bien qu’ils s’affirment supérieurs au reste de l’humanité, ne sont au mieux que nos égaux, au pire que nos inférieurs tant la haine et le fanatisme religieux sont capables d’avilir l’être humain.

Puisse le sacrifice de Sohane, de Khadija* et de Ghofrane ne pas avoir été vain et nous permettre, à toutes et à tous, de tirer les leçons nécessaires pour l’avenir du monde dans lequel, comme nous, elles étaient nées. Disons-le, répétons-le, martelons-le autant de fois qu’il le faudra et de plus en plus fort : ce qui se passe actuellement en France dans certains milieux n’est qu’un échantillon de ce que la complicité, tacite ou non, des gouvernants laisse s’accomplit, jour après jour, en toute tranquillité et en toute banalité, dans les pays arabo-musulmans. Pendant ce temps en Occident, le respect des autres cultures interdit la moindre protestation officielle et censure l’idée qu’une indignation internationale pourrait enrayer ce fléau qu’est et que restera l’Islamisme.

* Khadija 34 ans, a été égorgée par son mari sur la place publique à Limoges, pour avoir osé demander le divorce.







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